• Ecoutez ce que je ne dis pas.

    Ne soyez pas trompé par mon visage, car je porte mille masques et aucun n'est mon vrai moi.

    N'en soyez pas trompé au nom du Ciel, je vous en prie.

    Je vous donne l'impression d'être sûr(e) de moi, plein(e) de confiance et de tranquillité, que je n'ai besoin de personne. Ne me croyez pas.

    Sous ce masque il y a le vrai moi confus, craintif(e), isolé(e). C'est pour cela que je me crée un masque pour me cacher, pour me protéger du regard qui me voit.

    Et pourtant ce regard est précisément mon salut.

    A condition que je l'accepte, s'il contient de l'amour, c'est la seule chose qui peut me libérer des mûrs de la prison que j'ai moi-même élevés.

    J'ai peur de ne valoir rien, de n'être bon à rien et que vous le voyiez et me rejetiez.

    Alors commence la parade des masques,

    Je bavarde avec vous, je vous dis tout ce qui ne m'est rien... et rien de ce qui m'est tout, et qui pleure en moi.

    S'il vous plait, écoutez soigneusement et essayez d'entendre ce que je ne dis pas.

    J'ai vraiment envie d'être sincère, vrai(e) spontané(e), d'être moi-même.

    Mais il faut que vous m'aidiez. Il faut que vous me tendiez la main.

    Chaque fois que vous êtes bienveillant, doux et encourageant,

    chaque fois que vous vous efforcez de comprendre par véritable intérêt, mon coeur a des ailes, des ailes faibles, mais enfin des ailes.

    Par votre sensibilité, votre sympathie, votre puissance de compréhension, vous seul pouvez me libérer de l'ombre de mon incertitude, de ma prison solitaire.

    Cela n'est pas facile pour vous, car plus vous m'approchez plus je me défends.

    Mais on me dit que l'amour est plus fort que les mûrs des prisons. C'est en ceci qu'est mon espoir, mon seul espoir.

    Essayez, je vous en prie, de faire tomber ces mûrs d'une main ferme mais douce, car un enfant est sensible.

    Qui suis-je, vous demandez-vous?

    Je suis quelqu'un que vous connaissez très bien, car je suis chaque homme et chaque femme que vous rencontrez, et je suis aussi vous-même.

     

    Jean Luc Paris

     


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